samedi 16 décembre 2017

A l'approche de Noël - #RDVAncestral décembre 2017



Pinterest
 
En ce mois de décembre, comme beaucoup, je suis en plein dans les cadeaux de Noël pour mes proches. Et pour mes parents, suite à une remarque du genre « Je ne comprends rien à ton logiciel mais j’aimerais bien t’aider », j’ai cherché une idée originale pour leur présenter leur généalogie et j’ai donc décidé de leur offrir à chacun un livre généalogique. 

www.livre-genealogique.fr

Mais bien sûr, je compte bien leur offrir entièrement complété, du moins complété en fonction de l'avancée de mes recherches à ce jour. 
 
Et donc, depuis 10 jours, je suis en rendez-vous ancestral quasi quotidien avec 64 ancêtres de chacun de mes parents, donc avec 128 de mes ancêtres. 

Je rencontre donc à nouveau des ancêtres proches ou plus éloignés, certains que je connais bien parce que j’ai eu la chance de les côtoyer (bonjour mémé!, bonjour mamie!), certains que j’ai l’impression de connaître car j’ai beaucoup étudié leur vie (bonjour mon cher Georges!, bonjour Pierre!) et d’autres que je ne connais que par leur nom, sans aucun autre élément de vie  (bonjour Elisa!, bonjour François!).

Je rencontre également leurs frères et sœurs, souvent nombreux. 

Je remarque certains détails passés jusque là inaperçus, comme ces frères portant le même prénom et que je soupçonne d’être en réalité un doublon.

Je me surprends à leur parler, à leur poser des questions (Dis donc Philomène, tu ne voudrais pas me donner une indication sur ton lieu de décès, je n’ai plus trop d’idée où chercher...? Et toi ma petite Louise, est-ce que tu as eu d’autres enfants? Deux seulement séparés de quinze ans, ça m'étonne vu l'époque. Bon, je vais les noter au crayon de papier, ce sera mieux si je dois modifier...). Malheureusement, ils ne me répondent pas beaucoup en ce moment, ils doivent être occupés ailleurs...

Et enfin, il y a tous ceux dont j’ignore tout, même le nom, et qui me font laisser des pages blanches dans ces livres. Et j’avoue que j’ai comme un pincement au cœur en tournant ces pages sans rien y inscrire...

Malgré tout, ces petits rendez-vous me donnent le sourire et me font aimer de plus en plus la généalogie. D'abord, les pages blanches me font présager des heures et des heure de recherches et de belles découvertes.Ensuite, je me sens proche de tous ces gens, j’ai de l’affection pour eux, même les plus anciens et même ceux dont je ne sais rien, liés que nous sommes par les liens du sang (du moins, parfois, les liens du sang officiels...).

Je me doute bien qu’ils sont moins parfaits que la représentation que je me fais d’eux. Pour certains, j’en ai même la preuve mais il m’est impossible de les juger. Je n’ai pas vécu leur vie, à leur époque, avec les difficultés de toutes sortes qu’ils ont pu rencontrer. Et même si les archives sont riches en France, je ne peux m'empêcher de penser que je ne saurai jamais complétement ce qui a pu les conduire à agir de telle ou telle façon. 

Bon, toutes ces considérations sont bien belles, mais les livres ne se remplissent pas tout seuls! Il faut que j'y retourne si je ne veux pas finir pendant le réveillon du 24, alors que ma famille dévorera la bûche... 

Archives personnelles

samedi 18 novembre 2017

Un hiver dans le Jura - #RDVAncestral


Guillaume du blog Le Grenier des Ancêtres nous invite tous les mois à remonter le temps pour partir à la rencontre d'un ancêtre et à raconter ce rendez-vous.


Ce mois-ci, j'avais envie de partir à la découverte de mes ancêtres paternels, dans le Jura. Je me trouve donc au Vaudioux, dans ce petit village près de Champagnole, dont sont originaires mes ancêtres paternels et là où, par hasard, j’ai fait mes premiers pas.

Par contre, je n'arrive pas à déterminer l'époque. Ce qui est certain, c’est que ce n’est pas le XXIème siècle. Pas de voitures, pas de lignes téléphoniques, et surtout pas d’église. Donc avant 1837.

Il fait très froid et la neige a envahi le village. Tout est blanc et silencieux. La neige épaisse craque sous mes pieds et j’aime la sensation que cela procure. Il faut dire que cela m’arrive rarement, à moi la parisienne émigrée en Charente.

En passant devant une petite maison du cœur du village, j’entends une femme hurler.  
Inquiète pour elle, je m'approche et me décide à pousser la porte. Je découvre alors une grande agitation. 

Des femmes vont et viennent sans cesse entre la pièce principale et une autre pièce que j’imagine être la chambre à coucher. Deux hommes sont attablés, près du feu, l’air un peu perdu. Personne ne fait attention à moi.

L'intérieur est assez simple, peu meublé, comme la plupart des habitations des paysans du XVIIIème siècle. Quelques bougies sur la table éclairent la pièce.

Un nouveau cri retentit de la pièce d’à côté. Je comprends qu’il s’agit d’une femme en train d’accoucher et visiblement, cela ne se passe pas sans difficulté. 

Soudain, l’une des femmes revient dans la pièce et interpelle les deux hommes : «L'enfant est pratiquement sorti mais il y a de grands risques pour qu’il ne survive pas. Il faudrait procéder à l’ondoiement. Léonard, peux-tu venir m’aider? »

Sur ces mots, tout s’éclaire. Je suis donc dans la maison d’Alexis Paget et de sa femme Geneviève Paris, le 8 janvier 1767. J’assiste à la naissance de leur deuxième enfant, un petit garçon et Léonard est le frère d’Alexis et mon ancêtre, mon arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père.
Et parmi les femmes qui aident Geneviève, l’une d’elles doit être Marie Anne Paris, la femme de Léonard et la sœur aînée de Geneviève.

Alexis attrape le bras de son frère et le retient alors que Léonard se lève : « Fais tout ton possible, je ne veux pas que cet enfant erre dans les limbes, sa mère en deviendrait folle. »
« Je te le promets, Alexis. Et quand tout sera fini, on ira à Chatelneuf voir le curé ». 

En entendant ces mots, je fouille dans ma mémoire et réalise qu’il y a à peine plus d’un an, Alexis et Geneviève ont perdu leur premier enfant, un petit garçon prénommé Jacques et âgé de quelques jours seulement. 
Je n’arrive pas à imaginer le déchirement que ce doit être alors je n'ose imaginer ce que ce doit être de connaitre cette terrible situation plusieurs fois dans sa vie. Ajoutez à cela le poids de la religion et l'importance du baptême dans la vie de nos ancêtres... 
Je réalise alors un peu plus la chance que j’ai de vivre là où je vis et à l’époque à laquelle je vis...

Banque d'images et de portraits - Cote : CISB0806 - BIU Santé Paris

L’avantage (ou pas?) de ces rendez-vous ancestraux est que ceux qui s’y aventurent connaissent souvent la fin de l’histoire. 

Et justement, sachant que cette histoire ne se terminera pas bien, je sors discrètement de la petite maison pour laisser cette famille vivre ce moment en paix. 

En effet, selon le registre paroissial de l'église de Chatelneuf, Léonard procède finalement à l’ondoiement par « infusion de l’eau sur le ventre » du bébé qui était sorti « sauf la tête ».
Une demi-heure plus tard, c'est un petit garçon qui naît mais malheureusement les parents n'auront pas le temps de lui donner un prénom puisqu'il décède quelques minutes plus tard. Le lendemain, le 9 janvier, il est inhumé dans le cimetière de l’église de Chatelneuf, à 3 km du Vaudioux, dans le froid et la neige de l'hiver jurassien.

La petite église de Chatelneuf, avec son clocher typiquement jurassien, et son cimetière. Wikipedia

mercredi 25 octobre 2017

Des hommes de bonne volonté


Non, non, le blog n'est pas retombé dans l'oubli! 

Simplement, les journées sont un peu chargées en ce moment et je vous prépare un article (ou une série d'articles, je ne sais pas encore...) sur un sacré personnage.

Donc en attendant Charles, une petite anecdote relevée dans les registres paroissiaux de Saint-Thibault des Vignes (Cote 5MI1863 vue 65 aux archives départementales de Seine et Marne). 

L'orthographe d'origine est conservée, seuls les noms ont été supprimés. 

Source : cassini.ehess.fr

"L'an mil sept cent soixante et dix neuf,  le troisième jour du mois de janvier, se sont assemblés au son de la cloche, à l'issue de la messe parroissialle tous les habitans à la réquisition de moy curé pour demander et engager tous les habitans à se prêter volontairement et à l'amiable à faire une corvée pour réparer le chemin descendant au grand chemin de Lagny, lequel est appellé rue creuse, laditte corvée a été acceptée tout à coup par les dits habitans dès le lendemain quatre du même mois ils y ont procédé avec leurs outils et ustencilles nécessaires. Le Sieur J.B. M. a prêté sa voiture complète pendant trois jours, le père P. S. s'y était engagé également pour sa voiture mais dès le premier jour son essieu étant venu à casser, il n'y a pas fait suppléer. Mr F. marchand à Lagny est venu lui même avec sa voiture pendant deux jours, G. de Gouvernes y est venu aussi avec sa voiture une journée. Toute l'ouvrage a continuée le quatre, le cinq, le sept, le neuf. Tous les habitants se sont prêtés de si bonne grâce, excepté (...) que j'ai fait distribuer tous les matins de l'eau de vie aux ouvriers, il y a eu sept pintes d'eau-de-vie de consommées. J'ai fournie et payé en sus deux voitures chaque jours les trois derniers jours à huit livres par jour chacune, soit quarante huit livres. Les dits habitants m'ont fait part et promis continuer chaque année travailler ainsi à bonifier les chemins de tous côtés en en faisant un peu chaque année y employant dans les plus forts six jours en partageant toute la paroisse en trois pour chacun deux jours et dans les moindres corvées en trois jours partageant toute la paroisse en trois pour chacun un jour. Cet acte servira à ce que de raison tant pour moi que pour mes successeurs tant pour juger et se ressouvenir de ceux qui se sont prêtés de bonnes grâces et que pour ne pas oublier à suivre et à renouveler auxdits habitants leur promesse et leur engagement à réparer chaque année les chemins ce qui produira un bien réel au pays et un honneur qui en restera auxdits habitants. Fait à Saint-Thibault ce dix janvier mil sept cent soixante et dix neuf. "

Une pinte de Paris, si j'en crois Wikipedia, équivaut à 952,146 ml.
Je vous laisse le soin d'apprécier si la consommation de 7 pintes d'eau-de-vie (donc environ 7 litres) pour 4 jours de travail est excessive ou non...

lundi 25 septembre 2017

Ma mémé Philomène à moi

 
Il y a quelques temps, comme cela arrive souvent, un vent de folie a traversé le Twitter généalogique. Les mémés Philomène ont surgi de partout, de tous les coins de France et de Navarre, et même d'outre-atlantique. Un hashtag est né : #TeamPhilomène

Et il se trouve que j'ai, moi aussi, MA Philomène : Philomène VIENOT, mon arrière-arrière-grand-mère paternelle.  

Jeanne Philomène Vienot. Collection personnelle

Ma mémé Philomène est née le 9 octobre 1838 à Voillans, près de Baume les Dames, dans le Doubs. Son nom complet est Jeanne Philomène Vienot, mais son prénom usuel est bien Philomène, comme en atteste sa signature. 

AD Paris, XIème arrondissement, 1877, V4E 3972 vue 11

Elle est la fille naturelle de Jeanne Baptiste Vienot, couturière de 20 ans domiciliée à Voillans. 

Pour une raison que j'ignore encore, elle monte à Paris où je la retrouve pour son mariage avec Cyrille Paget, à la mairie du XIème arrondissement le 15 novembre 1877. Elle est alors âgée de 39 ans et habite 52 rue de Montreuil, dans cet arrondissement et n'exerce pas de profession. 

Il s'agit de son premier mariage mais du second pour Cyrille, cocher de fiacre domicilié au 36 rue de la Roquette. Cyrille est également franc-comtois : il est né à Doucier, dans le Jura, le 20 décembre 1823.

Cyrille Paget. Collection personnelle

Ce couple est le premier de ma lignée paternelle à quitter la Franche-Comté et fonde mon ascendance parisienne. 

Ensemble, ils auront un enfant, François Gustave Paget, né le 3 mars 1881, au 110 rue de la Roquette, toujours dans le XIème arrondissement de Paris. Il s'agit de mon arrière-grand-père. 

François Gustave, soldat pendant la Guerre du Tonkin. Collection personnelle

Je ne sais encore ni où ni quand est décédée ma mémé Philomène. Mon grand-père, qui a réalisé une partie de son arbre généalogique à une époque où internet n'existait pas, avait simplement indiqué une date : 1893. 

J'ai écumé les tables décennales de tous les arrondissements parisiens pour les décennies 1883-1892 et 1893-1902 sans y trouver son nom...

Je continue de chercher mais je crains qu'elle et son mari ne soient repartis dans le petit village du Jura berceau des Paget, pour leurs vieux jours. Et, si c'est le cas, je suis dépendante du bon vouloir des AD quant à la mise en ligne des registres...

Affaire à suivre...

Edit du 12/02/2018:
Lors de la mise en ligne des registres d'état civil de la totalité des communes du Jura par les archives départementales, je me suis précipitée dans ceux du petit village dont je vous parlais précédemment. J'ai finalement trouvé la date de décès de ma mémé Philomène mais manque de chance (encore...), les registres d'état civil sont numérisés jusqu'en 1892! Et les TD m'indiquent qu'elle est décédée le 24/05/1893.
Mais grâce à l'entraide généalogique de FranceGenWeb, je viens de recevoir une copie de cet acte. Je remercie d'ailleurs encore une fois ici les bénévoles jurassiens pour leur rapidité et leur efficacité.

Fin du mystère donc : Ma mémé Philomène est bien décédée le 24 mai 1893 à l'âge de 54 ans, dans le village du Vaudioux, où elle s'était retirée quelques années auparavant avec sa famille. Elle laisse d'ailleurs un petit garçon de 12 ans orphelin.

 

samedi 16 septembre 2017

#RDVAncestral - Deuxième

16 septembre 2017, un an de RDV ANCESTRAUX
Aujourd'hui, pour fêter cet anniversaire, j'ai rendez-vous avec celui que je n'ai pas connu mais dont j'entends parler depuis toute petite, celui dont je conserve religieusement la moindre photo, le moindre petit bout d'archive et que j'ai l'impression de connaitre.

Celui aussi pour lequel j'ai commencé à faire de la généalogie, curieuse de connaitre encore un peu plus son histoire.

Mon arrière-grand-père paternel, Georges Ernest Deharvengt.
Georges Deharvengt. Collection personnelle - Tous droits réservés

Né le 24 septembre 1876 à Montigny en Cambrésis (59), il est arrivé à Saint-Thibault des Vignes, en Seine et Marne, avec ses parents dans les années 1880.
Il devient instituteur public et épouse Georgette Emma Paquier à Saint-Thibault le 12 octobre 1903. Il passe la plus grande partie de sa carrière dans la petite école de Villevaudé (77) avant de revenir, au moment de sa retraite à Saint-Thibault, dont il deviendra maire entre 1932 et 1938. Il y décédera entouré de toute sa famille le 19 février 1958.

Mais je vais un peu vite en besogne, j'ai choisi d'aller à sa rencontre le 16 septembre 1917, il y a tout juste 100 ans. 

A ce moment-là, il a dépassé la quarantaine et est déjà père de 3 enfants : Pierre, né le 24 octobre 1905, Jeanne, ma grand-mère, née le 7 janvier 1911 et Andrée, née le 6 juin 1913. Quelques mois après la guerre, sa dernière fille, le 16 mai 1919, Suzanne viendra au monde.

Mais ce jour-là, il est loin de sa femme et de ses enfants, il se trouve à Beurey, dans l'Oise, avec ses compagnons du 129e RI, les "Rastapoils".

Je le rencontre à l'arrière du front, il discute avec ses collègues sous-lieutenants.

Je le reconnais assez facilement grâce à la description figurant sur son livret militaire : 1 mètre 68, cheveux et sourcils blonds, front ordinaire, nez et bouche moyens, menton rond et visage ovale. Il porte un brassard noir en souvenir de sa mère décédée quelques mois plus tôt.

Georges est assis, à gauche. Collection personnelle - Tous droits réservés


Je suis très émue avant d'oser lui parler. Prenant mon courage à deux mains, je m'approche et lui explique que je suis la petite-fille de sa petite Jeannette, que je viens spécialement du XXIème siècle pour le voir. Je lui explique également que je fais de la généalogie et que, depuis quelques temps, je voyage dans le passé rencontrer en chair et en os les personnes qui m'ont marquée au fil de mes recherches. 

Je ne sais pas vraiment si cet homme, instituteur de la IIIè République, anti-clérical, qui ne croit en rien d'autre qu'en la science et l'instruction, me croit ou s'il me prends pour une folle.

Toujours est-il qu'il m'invite à m'asseoir près de lui. 

- Mais je te préviens, je n'ai pas beaucoup de temps à t'accorder : nous avons reçu l'ordre de quitter notre position. Nous partons aujourd'hui : nous rejoignons d'abord Sauvigny.  

Mais au bout de trois ans de guerre, les soldats sont fatigués. Et malgré leur volonté farouche de protéger leur pays, la lassitude arrive. 
Tu sais, quelques jours après mon arrivée dans ce régiment, en juin, 4 soldats ont été fusillés pour cause d'abandon de poste et de refus d'obéissance devant l'ennemi. Ce fut un moment très difficile à vivre, je ne pense pas pouvoir raconter tout ce que j'ai vu et vécu à ma famille, si je reviens vivant de tout cela.

Je ne sais que trop bien les dégâts causés par cette longue guerre sur les hommes. J'ai été blessé, mon frère aussi et je vois tous les jours des camarades être tués, blessés ou avec des graves troubles mentaux à cause des combats. Je souhaite qu'elle termine le plus rapidement possible. 

Je suis très inquiet pour Georgette et mes chers petits. Tu sais en 1914, pendant la Bataille de la Marne, les combats sont arrivés jusqu'à Lagny. Je ne sais pas si tu connais, c'est à côté de chez moi.

Le Pont de pierre détruit - Gallica, BNF

- Oui, bien sûr que je connais. La famille habitait encore à Saint-Thibault au début du XXIème siècle.

- Ah, c'est bien, j'en suis fier. Et bien, ils entendaient les combats se dérouler et le pont de pierre a même été détruit. Georgette est forte, elle est bien entourée et Pierrot est grand maintenant. Il peut aider sa maman mais il doit aussi continuer à bien travailler à l'école. Il le sait, je lui répète continuellement, dans les courriers que je lui envoie.

J'ai des nouvelles régulièrement, la poste fonctionne plutôt bien, tu sais. 

- Oui, je sais que vous vous écrivez beaucoup avec grand-mère Georgette. J'ai toute une collection de cartes postales que vous vous êtes échangées pendant tes périodes de service militaire à Coulommiers. Par contre, je n'ai aucune trace de vos échanges pendant cette guerre. 

- Ah? Pourtant, je lui envoie des lettres tous les jours ou presque.L'avantage de vivre à la campagne, c'est que je sais qu'ils auront toujours quelque chose à manger. Mais je suis tout de même inquiet, Georgette m'a appris il y a quelques temps que des tickets de rationnement ont été mis en place pour le pain et le sucre. Mes petites Jeannette et Dédée vont être bien tristes si elles n'ont pas leur petit bout de pain avec de la confiture...

Soudain, il s'interrompt. On vient d'entendre que quelqu'un l'appelle.

- Je suis désolée, ma petite, je vais devoir te laisser. Nous levons le camp.

- J'aurais tellement de choses à te dire et à te demander. Je suis très heureuse de t'avoir rencontré, tu as tellement d'influence dans la vie des gens de ta famille, encore dans le siècle dans lequel je vis. Je vais simplement te dire que tu vas revenir vivant chez toi, que tu auras ton lot de petits et de de grands malheurs, comme tout le monde, mais tu as encore des choses passionnantes à vivre.

Pour plus de détails sur la vie riche de Georges Deharvengt :


mercredi 6 septembre 2017

Petite histoire d'une cloche

Pour ce véritable premier article, je vais vous parler d'un lieu très cher à mon cœur, la terre d'une partie de mes ancêtres : le pays de Lagny, en Seine et Marne.

Et plus particulièrement, Saint-Thibault des Vignes, un petit village de quelques centaines d'habitants jusque dans les années 1970 .

Et encore plus particulièrement, la cloche de l'église Saint-Jean-Baptiste qui me réveillait tous les matins à 7 heures avec l'angélus, avant mon départ pour la Charente. 

Saint-Thibault des Vignes, Saint-Thibault pour les intimes, est le berceau de cette partie de ma famille. J'y suis viscéralement attachée, avec l'impression jamais ressentie ailleurs d'être liée à la terre sur laquelle je marchais. Je ne saurais pas expliquer pourquoi, peut-être est-ce parce que j'y ai énormément de souvenirs, que j'y passais tous mes week-ends étant enfant et que j'y ai vécu.

J'ai trouvé des ancêtres jusque dans les plus anciens registres de la paroisse et certains d'entre eux ont même été enterrés dans l'église. Pour la plupart, il s'agit de vignerons, de paysans... Quelques uns d'entre eux furent maires du village, dont mon "idole généalogique", mon arrière-grand-père paternel dont j'espère vous reparler très vite.

Et pour revenir au sujet qui nous occupe aujourd'hui, à cette fameuse cloche, il se trouve que là encore, ma famille a un lien avec elle !

Carte postale - vers 1910 -  collection personnelle

L'église Saint-Jean Baptiste fut construite au moment de la fondation du prieuré à la fin du XIème siècle.
Au XIVème siècle, le clocher fut remanié et en 1749, une nouvelle cloche fut fondue et bénie. Sa marraine était Marguerite Victoire AUGIER, épouse de Philippe THOMÉ, seigneur de Rentilly et conseiller au Parlement de Paris1. On pouvait lire sur cette cloche l’inscription suivante :

« L’an 1749, j’ai été bénie par
Me Pierre Vincent prestre curé
De cette paroisse est nommée
Marguerite Victoire
Par Me Antoine Louis Lambert
Prestre docteur de
La maison et société de Sorbonne
Prieur seigneur spirituel et temporel
De ce lieu et dépendances et par dame
Marguerite Victoire Augier Thome
Epouse de Me Philippe Thome
Conseiller en la grande chambre du Parlement
De Paris, seigneur de Rentilly et
Autres lieux.
M. Antoine Pierre Gabriel Chauvigny,
Marguiller. »

Cette cloche a été épargnée par la Révolution mais elle a été remplacée en 1899 par la cloche actuelle.

C'est le conseil municipal de Saint-Thibault qui décida de commander une nouvelle cloche à la fonderie CROUZET-HILDEBRAND à Louviers. Quelques années auparavant, cette fonderie avait réalisé notamment quelques cloches du carillon du beffroi de Bergues, désormais célèbre, des cloches du carillon de l'église Saint-Henri au Creusot (71), classées monument historique. Cette fonderie réalisera quelques années plus tard une cloche pour l'église Saint-Edouard de Montréal. D'après l'annuaire de l'Union fraternelle du commerce et de l'industrie de 1897, la fonderie Crouzet-Hildebrand aurait également réalisé la sonnerie de la basilique Notre-Dame de Lourdes. 

Cloche de l'église de Saint-Thibault, Service culturel de Saint-Thibault

Le financement fut assuré par la municipalité et par quelques dons particuliers. Le baptême de la cloche de Saint-Thibault fut célébré en grandes pompes le 29 octobre 1899 et pour l'occasion, l'évêque de Meaux avait fait le déplacement dans ce petit village de 300 âmes.
On retrouve trace de cet événement dans les journaux de l'époque, notamment religieux bien sûr2. D'après ces articles, l'église était trop petite pour accueillir toutes les personnes souhaitant assister à la cérémonie. Il y avait là le conseil municipal, le clergé de Lagny (le chanoine, le maître de chapelle, l’aumônier...), M. et Mme Georges Paquier, les parrains de la cloche, libraires à Lagny et propriétaires d'une maison et de terrains à Saint-Thibault, du fait de l'ascendance théobaldienne de Madame Paquier.

Et voilà le lien avec ma famille! Georges et Marie Emma Hélène Paquier sont mes arrière-arrière-grands parents paternels.
 
L’aumônier adressa, paraît-il, quelques paroles émues et vibrantes sur le rôle de la cloche « qui chante nos joies et nos douleurs ». 3

La nouvelle cloche fut baptisée Emma Georgette Alice, du prénom de la marraine, Mme Marie Emma Hélène Paquier, et des prénoms de ses deux filles, Georgette (mon arrière-grand-mère, alors âgée de 13 ans) et Alice.

Une fois le baptême célébré, une réception fut donnée en l'honneur de l'évêque de Meaux par M. et Mme Paquier, dans leur « Villa », rue de Lagny.

L'église Saint-Jean-Baptiste est classée monument historique depuis 1974. 

Publicité parue dans l'annuaire de l'Union fraternelle du commerce et de l'industrie, 1897, Gallica.bnf.fr


NB : J'ai écrit cet article en 2011; pour cette publication sur le blog, j'ai simplement ajouté la présentation du début et quelques éléments de contexte. Il est distribué lors des Journées du Patrimoine à Saint-Thibault.


1Annales du pays de Lagny, Tome 1, p. 171, Jacques Amédée LEPAIRE
2Voir par exemple, Le Journal de la Brie du 1er novembre 1899 (AD77)
3 Extrait du journal catholique « La Croix de Seine et Marne » du dimanche 12 novembre 1899 (AD77)

jeudi 31 août 2017

Passé Présent... 2ème chance



Il y a quasiment six ans jour pour jour, je créai ce blog avec l'envie de partager mes découvertes au fil des archives et les travaux que j'ai pu écrire.

Il s'agissait pour moi de donner un corps, une épaisseur aux ancêtres dont je retrouve la trace dans les registres et qui ne sont au début de notre rencontre qu'une succession de dates.

Et puis, la vie a fait que j'ai très rapidement cessé de publier, sans pour autant arrêter de faire de la généalogie.

Et il y a quelques jours, alors que l'envie d'écrire m'a repris et que je venais de publier mon premier #RDVAncestral sur Facebook, ce réseau qui connait tout de ma vie ou presque m'a rappelé l'existence de ce blog.

Alors après un temps de réflexion, quelques travaux de rénovation, me revoilà...

J'ai choisi de retirer les articles publiés il y a six ans. Pour certains, ils ont été publiés ailleurs, comme l'histoire de Pierre Justin pour le Challenge AZ des promos du DU de généalogie de l'Université de Nîmes. Pour d'autres, j'estime qu'ils ont besoin d'être retravaillés et ils seront donc publiés d'ici quelques temps.

Alors, en route pour cette nouvelle aventure, en espérant qu'elle soit aussi longue que possible!

Une carte en souvenir de ma grand-mère #Généathème avril 2018

L’un des #Généathèmes proposés par Sophie BOUDAREL pour le mois d’avril m’a fait éprouver des sentiments contradictoires : l’inspiratio...